by Maud Hervieux
2007 a sans conteste été l’année des fusions acquisitions dans le secteur du marketing interactif. Soumis à une croissance exponentielle, les spécialistes parlent même de bulle de l’e-publicité pour qualifier l’engouement autour de ce secteur. Face à cette forte expansion, les grands de la communication se sont empressés de développer leur branche marketing interactif à l’instar de Publicis (numéro quatre mondial de la communication). Ce dernier a acquis sept importantes sociétés de webmarketing pour un montant total de 1,5 milliards de dollars. Le groupe s’est ensuite tourné vers de petits et moyens acteurs : business Interactif, blogband (publicité communautaire créée par les internautes), Phone Valley (marketing sur mobiles) et trois agences WCube, Heathcare Communication, Healthware SpA.
Apparue en 1994 aux Etats-Unis et 1996 en France, l’e-publicité n’a pas été jugée très rentable à ses débuts. Il a fallu attendre 2004 pour assister à l’explosion des investissements dans l’e-publicité (+78,1%). Avec de tels résultats, la toile va devenir un véritable atout marketing pour les entreprises. Cette année là, ce sont très précisément 0,8 milliard d’euros qui ont été investi sur les sites Web. Les annonceurs avaient bien anticipé cette réussite puisque près de 85% d’entre eux avaient choisi d’intégrer l’e-publicité à leurs stratégies de communication.
Trois ans après, l’e-publicité se porte toujours aussi bien. Après 46% de croissance des investissements publicitaires sur Internet en 2007, Ad Barometer prévoit près de 49% pour l’année 2008. En 2007, Internet a représenté près de la moitié de la croissance de la publicité et devient le quatrième support publicitaire en France, volant cette place à la publicité extérieure. A côté, les autres médias font pâle figure. La presse voit ses recettes augmenter de seulement 2,3%. La télévision connaît elle une croissance correcte avec 6,5% expliquée par l’envolée des investissements publicitaires sur les chaînes TNT. Enfin, la radio voit ses dépenses publicitaires reculer de 1,1%. A l’horizon 2010, Internet deviendra inévitablement le troisième média pour la publicité.
Comme la publicité traditionnelle, Internet est une forme de communication non sollicitée qui s’impose aux internautes. L’objectif est le clic, à savoir la visite du site de l’annonceur ou d’un espace dédié. Les formats proposés par les annonceurs sont divers et variés : bannières, pop-up, flash ou mini vidéo. A noter que les taux de clics sont généralement très bas, moins de 1% pour les formats traditionnels et jusqu’à 4% pour les nouveaux supports vidéos.
L’insolente santé du média Internet va s’expliquer par divers relais de croissance de la publicité en ligne. Tout d’abord, la récente arrivée sur le marché du marketing search va dynamiser le secteur. Le marketing search est une branche spécialisée du marketing ayant comme support les outils de recherche et comme cible les internautes qui les interrogent. Via des liens sponsorisés, le search Marketing a pour particularité de s’adresser à des internautes qui recherchent une information, un produit ou un service sur Internet. Cette démarche active et volontaire de la part des cibles les rend particulièrement réceptives au message. Ce dernier pèse aux alentours de 40 % du marché de la publicité sur Internet. De plus, d’autres arguments peuvent être cités en faveur de la croissance des investissements publicitaires sur Internet. Aujourd’hui, les ¾ des foyers français ont accès au Web et toutes les catégories de population sont dorénavant présentes sur ce média. Ainsi, la publicité en ligne va présenter l’avantage de toucher un très grand nombre d’utilisateurs mais aussi tous les publics avec pour chacun des formes de communication adaptées. De plus, l’e-publicité va présenter un avantage en terme de géolocalisation et de ciblage comportemental. Un autre argument en faveur de la publicité en ligne est bien évidemment le coût. En effet, les prix augmentent sensiblement mais restent très compétitifs par rapport aux autres médias. Enfin, la publicité en ligne doit son expansion aux nouveaux secteurs conquis par le média Internet. Après l’hygiène et la beauté en 2007, l’année 2008 sera sans conteste celle de l’automobile et de la grande distribution. Aujourd’hui enfin, on assiste à l’apparition de synergies entre la télévision, la presse et Internet. Dans les prochaines années, les campagnes de mix média vont se multiplier, avec des créations générant des liens très forts entre chaque dispositif mis en place sur chaque média.